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Méta-Baron : L'interview de Jerry Frissen, Valentin Sécher et Niko Henrichon qui part dans tous les sens

Franco-belge Le 06 nov
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par Sullivan
Méta-Baron : L'interview de Jerry Frissen, Valentin Sécher et Niko Henrichon qui part dans tous les sens

C'est dans le cadre de la controversée Comic Con Paris que j'ai eu la chance de rencontrer trois des cinq auteurs (les deux autres seront là dans le futur) responsables du retour au premier plan du Méta-Baron chez Les Humanoïdes Associés, qui étaient présents avec l'un des stands les plus remarquables du salon. Et c'est dans une ambiance détendue que nous sommes revenus sur les différents aspects de la création de ce petit évènement, et que j'ai pu goûter à l'humour sans faille du local Valentin Sécher, dessinateur du premier dyptique, ainsi qu'à celui du belge Jerry Frissen (scénario), sans oublier l'inénarrable Niko Henrichon (dessinateur du second dyptique), venu du Québec. 

Techno-cerise sur le méta-gâteau : vous pouvez écouter l'interview dans une version audio un peu folle, ou apprécier posément la retranscription ci-dessous.

Lire aussi : Méta-Baron - Tome 1, la critique 

 L'interview de Jerry Frissen, Valentin Sécher et Niko Henrichon qui part dans tous les sens

C'est parti messieurs, on se fait des questions libres, la première elle est hyper bateau, je suis désolé : ça fait quoi de faire les Méta-Barons, juste ça. Quand on pèse par rapport à des noms comme Jodorowski, Moebius.

Jerry : Ah non mais je trouve que c'est très chouette, et que tout le monde devrait essayer, parce que c'est très agréable comme sensation.

Valentin : Non non c'est un privilège je crois que c'est le mot. Enfin, moi j'ai été nourri avec du Moebius depuis tout petit, et la caste des Méta-Barons, c'est un bouquin que j'ai tenu sur mes genoux, ma première série, donc quand on m'a proposé de le reprendre et bien, oui j'ai pris ça vraiment comme un privilège, c'est un rêve de gosse que je réalise.

Niko : Pareil.

V : Merci Niko !

Est-ce que vous n'avez pas un peu appréhendé ? Quand en tant qu'artistes tu passes derrière Jodo' tu te poses une ou deux questions, le mec est quand même avatar du cosmos mexicain, c'est pas mal comme titre.

[Une vanne sur Jodorowski et un fou rire plus tard]

J : En fait j'étais... J'ai eu au moins une demi-heure d'euphorie quand on me l'a proposé, et puis que c'était un privilège de pouvoir me demander ce que j'allais faire, c'est plutôt ça qui est le cœur du travail. Et en fait pour te raconter comment j'ai travaillé, quand je me suis posé les questions je me suis dit qu'est ce que je vais faire pour suivre Jodorowski, en fait je me suis isolé dans le désert avec la caste des Méta-Barons, les Technopères, l'Incal et j'ai passé trois jours là, à lire et à relire tous ces bouquins, pour essayer de voir par ou est-ce que je pouvais essayer d'entrer.

Parce que pour toi ça représentait déjà quelque chose ? Pour nous l'Incal dans la vie c'est quelque chose, ça représente quelque chose, mais toi ?

J : Oui comme moi je suis plus âgé que mes collègues, un peu pour certains, beaucoup pour d'autres, j'ai découvert l'Incal dans le numéro de Métal Hurlant quand il est sorti donc je l'ai lu à la sortie, j'adorais Moebius, j'avais déjà Les yeux du chats signés par Jodo et Moebius à l'époque, j'en suis très fier. Donc oui ça représentait quelque chose, mais pour travailler on est obligés d'oublier ce genre de trucs, on peut pas se dire, ou sentir la présence de Jodorowski sur les épaules, c'est pas possible. Donc en fait ce que j'ai fait, j'ai ouvert un document word, j'ai commencé à écrire ce qui me plaisait, ce qui ne me plaisait pas dans la caste, sans faire une critique, quand je dis qui ne me plaisait pas, c'est à dire ce dont je n'avais pas envie de parler, ce dont moi Jerry Frissen en tant qu'être humain ne me sentait pas proche et récupérer ce qui moi me semblait excitant d'un côté et ce dont moi j'avais envie de parler. Ca c'était ma première étape.

Ok, et le titre est assez moderne quand même, à côté de toute cette évanescence classique que peuvent avoir l'Incal et la caste de l'époque, et comment on se dit on relance les Méta-Barons en 2015, est-ce qu'il y avait vraiment un cahier des charges du style "il faut relancer les Humano', c'est d'utilité publique, il faut relancer les Méta-Barons, c'est pas mal non plus et on va le faire en projet collégial, avec un artiste différent à chaque fois, avec des gros noms de l'illustration, de la BD, toi tu es en charge du projet". Quelle est la recette en 2015 pour que ça fonctionne, que ce ne soit pas encore le secret des artistes de la BD parce que, tout le monde révère les Méta-Barons, d'Otomo à J.H. Williams III en passant évidement par tous les gens qui ont grandi dans le franco-belge, sauf que ça n'est pas non plus le titre le plus populaire de l'univers, je pense que les noms de Jodo de Moebius sont plus attachés à la BD que son succès lui-même, très peu de gens l'ont vraiment lu, très peu de gens ont compris. Quelles sont les étapes, les compromis ?

J : En fait les Humano' m'ont mis dans une position de confort comme j'ai jamais eu dans ma vie de scénariste, c'est à dire qu'ils m'ont donné comme consigne l'accord avec Jodorowski : quelqu'un d'autre va reprendre les Méta-Barons, mais Jodorowski écrirait un synopsis, que son repreneur pouvait utiliser ou non ou prendre des idées dedans, choisir quoi. Et ils m'ont mis dans cette position de confort qui était : pas de délai, je pouvais faire à peu près ce que je voulais. J'ai pas eu de moment ou on m'a dit " ça non tu ne peux pas en parler ", le travail que j'ai eu avec Bruno Lecigne, qui est l'éditeur historique de Jodorowski, c'était des échanges constants, et lui tout ce qu'il a fait comme commentaire, c'était m'orienter vers ce que je voulais, m'aider à y arriver, ce qui est à mon avis le travail d'un éditeur, plutôt que de te dire fais ci ou fais ça. Ce qui était prévu au départ c'était que ce soit huit bouquins, quatre fois deux livres, que ce soit à chaque fois des histoires contenues, mais qu'il y ait une histoire sous-jacente qui permette de lier les quatre diptyques. Donc ça, ça faisait partie du cahier des charges, il n'y avait pas de dessinateur attaché à la base.

Valentin un peu la même question, comment toi jeune artistes tu appréhendes de reprendre du Moebius, du Jodorowski?

N : Il aime pas qu'on lui dise qu'il est jeune en fait.

V : Ouais, on se dit ça " Ouah putain bordel de merde ", déjà, après comme dit Jerry, on peut pas rester que sur cette approche là, parce que sinon on avance pas. C'est vrai, les dix premières pages, j'ai pris mon temps pour les faire parce qu'il y a toute cette pression et on a envie de faire bien, on passe derrière des géants, sur leurs épaules, et on a pas envie de décevoir, et au fur et à mesure que les pages avancent, on arrive au fur et à mesure à oublier la pression, on rentre dans le truc, on prend un peu plus d'assurance, mais ces grands noms là, ils planent tout le temps au dessus de la tête.

De tout le monde en plus. De toute l'industrie.

V : Voilà, donc tu sais que tu vas être attendu au tournant, donc t'as pas le droit de te planter, mais, c'est aussi une saine émulation, tu dois vraiment te surpasser, faire les choses très bien pour faire simple.

Justement tu as un style bien différent des Méta-Barons à l'époque, ça c'est pareil, tu as su le mettre de côté un peu.

V : Alors, ça c'est pareil, moi si ils sont venus me chercher, l'éditeur, c'était justement pour mon style, et ils m'ont jamais demandé de changer mon style, de correspondre à quelque chose, et c'est ça justement qui m'a plu dans cette histoire, c'est que nous avons une grande histoire, en huit bouquins avec quatre dessinateurs différents, et l'intérêt ce sont les quatre identités différentes. Si vous regardez mon dessin, et celui de Nico, ce n'est pas du tout la même chose, et quelque part c'est bien parce chaque histoire a vraiment une identité propre. Donc non je n'ai pas essayé de me travestir, j'ai essayé de continuer mon processus comme je fais d'habitude. J'ai essayé de faire mieux, on essaye toujours de faire mieux, plus rapidement aussi, parce que...Il faut être rapide, il faut que les bouquins sortent. Mais pour répondre vraiment à la question, la pression elle est là, et il faut prendre du recul, sinon on avance pas.

Toi Niko la question elle est un peu différente, je te suis depuis longtemps puisque tu viens du comics, tu as bossé avec Aronofski, avec Vaughan, pour les Seigneurs de Bagdad qui est quand même une putain de référence, que tu as fait aussi des travaux pour du mainstream US, tout ça, un marché qui est obsédé chez les artistes par Moebius, un peu moins par Jodo' mais surtout par Moebius, qui a inspiré tout le monde, j'en parlais avec Geof Darrow et Quietly, les mecs ils ont là " Oui Moebius, c'est le meilleur c'est bon c'est fini", un honneur pour toi qui vient de ce marché là ? De te retrouver sur les Humano', directement à la source en France ?

N : Oui oui, évidement quand tu es un artiste, pour beaucoup, ceux que tu mentionnent, mais même ceux qui en parlent moins, Rob Liefeld a eu une grosse passe Gimenez / Méta-Baron ! Tout ça a influencé beaucoup de monde, c'est vrai que Moebius est très connu dans les milieux d'artistes américains, et c'est rare quand même les artistes franco-belge qui ont une telle portée, et quand on te propose quelque chose dans cette tradition là, je vois ça comme un train ou la locomotive serait Moebius et Jodorowski, puis après suit Gimenez, Travis Charest, John Jetov, et le fait d'ajouter un wagon derrière ce train là, tu te sens très privilégié et tu espère être à la hauteur, et ce qui a été fait a été marquant dans l'histoire de la BD, alors, tu espère faire quelque chose à la hauteur. Donc beaucoup de pression, j'ai toujours eu la chance de travailler avec des gens beaucoup plus connus que moi, et là ça continue ( rires ), et Valentin, qui est le wagon juste avant le mien, qui sera très connu plus tard.

J : Et moi ou est-ce que tu mets mon wagon ?

N : Toi ? Mais tu n'as rien fait toi.

V : Ouais t'es juste scénariste toi.

N : C'est Jodorowski qui a bossé ! Mon dieu tu couperas ça hein. On plaisante hein.

V : Ah ben non on peut dire ce qu'on veut, Jodorowski il a rien foutu !

N : Vous gâchez mon interview là !

V : Ouais ben tu as gâché la notre tout à l'heure en rigolant.

J : D'autant que tu t'en sors bien pour une fois.

N : C'est vrai ? Bon, pour une fois que je dis quelque chose d'intelligent.

Justement pour revenir à toi Jerry, à moins que tu aies quelque chose à ajouter Niko?

N : Non, non...

J : Non c'est bon il a fini. On se retrouve tout à l'heure ? ( rires )

C'est une concertation entre vous tous, le fait d'avoir Esad Ribić et Mukesh Singh, ou c'est l'éditeur qui les a contacté ?

J : Non en effet les choix ont été fait il y a un certain temps, moi j'ai commencé à travailler sur ce projet il y a presque quatre ans, et on a pas approché de dessinateurs avant deux ans de travail, donc il y avait des tas de noms qui tournaient, et ceux de Esad Ribić et Mukesh Singh étaient déjà dans le groupe de noms qu'on voulait.

Et on peut s'attendre à une vraie fin au bout du huitième album ?

J : Oui. Il y a une vraie fin.

V : Et pour rebondir justement, on l'a dit déjà dans cette interview ? Non c'est bon ? Oui justement ce qui m'a plu, au delà évidement du fait que c'est les Méta-Barons, que c'est tout cet héritage là, c'est que l'histoire était complète. On l'avait entre les mains.

Donc toi qui a fait que le premier, tu connais la fin ?

V : Ah oui.

On ne sait jamais il y a des scénaristes qui n'aiment pas partager.

J : Je suis pas comme ça.

V : Non mais même c'est mieux pour le lecteur et l'auteur, puisqu'il y a des éléments qui se retrouvent dans le premier tome, des personnages qui vont se retrouver dans le tome de Niko, dans la suite donc c'est plus cohérent et ça nous permet à nous de travailler plus intelligemment, de mettre des efforts là ou il faut en mettre, et de mettre des lieux et personnages récurrents, de leur donner plus d'importance, les clins d’œil qu'il faut donner pour pas que ça ne paraisse artificiel, parce que ça arrive souvent que les auteurs travaillent album après album, et ils font genre qu'ils avaient tout prévu depuis le début, mais en fait non. La avant de donner le premier coup de crayon j'avais lu le scénario de Jerry. 
Bon c'est à qui ?

N : Je sais pas

V : Tu avais une question je crois ?

J'en ai plusieurs, c'est pas le problème !

N : Je voulais ajouter quelque chose, c'est qu'on est capables d’intéragir. Ca aurait pu arriver hein qu'il soit super pénible, qu'on puisse pas travailler. Il me montre tout ce qu'il fait, je lui montre tout ce que je fais, puis au fur et à mesure comme ça on peut synchroniser certains éléments qui se retrouvent dans nos deux histoires, si ça avait été quelqu'un qui n'en avait rien à foutre, moi je fais ce que je veux, ça aurait été une autre histoire, mais ça a été une bonne collaboration, avec Jerry et Bruno en plus qui coordonnent tout ça, ça fonctionne bien.

V : Il y a un truc qu'il faut dire aussi, on peut le dire non ? Dans le tome 1 , dès la première page on commence par un flash forward, donc une scène qui va se passer dans les tomes de Niko, donc il faut absolument qu'on soit cohérents, et je me rappelle d'un truc ou toi tu avais fait une certaine scène, et moi j'avais fait les choses un peu différentes, et donc on s'est appelés...

N : Ouais c'était le Bunker...

V : Ouuuuaaaishhhhht... ( rires ) " Tu sais oui le Bunker, il avait explosé mais pas du bon côté..."

N : Mais pourquoi tu en parles aussi ?

V : " Ouais et le Méta-Baron il meurt aussi " ( rires ), nan mais voilà, en gros on avait fait deux choses différentes de notre côté. Après c'est un détail, ça aurait pu passer, mais j'aime bien quand c'est cohérent quand même. Enfin bref on a discuté tous les deux et réglé le problème en cinq minutes.

N : C'était pas vraiment un problème.

V : Non c'est sûr mais j'aurais aussi pu tomber sur un con. Mais bon tous les Québecois sont gentils, avec un accent comme ça tu peux pas être méchant.

N : Alors que moi j'aurai vraiment pu tomber sur un con ducoup, parce que les français gentils c'est rare ! Tu vas l'écrire ça aussi ? ( rire )

J : Alors qu'avec moi il n'y a pas de problème !

N : Oui les belges ils sont tous gentils comme les Québecois.

J'ai encore une question messieurs. Deux, mais je vais en faire qu'une, l'autre c'est pas grave je la traiterai dans le dossier, on pourra limite la faire par mail. La question est un peu piégeuse parce que Méta-Barons est le truc le plus complexe de la terre à aborder quand tu es un jeune lecteur, que tu as dix-huit balais...

N : C'est une question pour toi Jerry.

Expliquez moi, le Méta-Baron, pour vous, en trois phrases.

J : Quoi, ce qu'il est ?

Ce que c'est que cette nouvelle série, comment ça s'insère dans l'Incal, ou ce que tu veux.
 

V : Alors là je veux pas faire la mauvaise langue mais...

Si tu te vois expliquer le Méta-Baron à quelqu'un dans la rue, tu as trente secondes, mais c'est vital de lui expliquer.

J : Le personnage ou la série ?

Les deux.

J : Ca serait un peu plus long que trente secondes...

V : Non non, trente secondes

J : ( rires ) Raaah si vous fermez vos gueules je vais peut-être pouvoir expliquer !

N : Il comprend pas la question, est-ce que je peux répondre le premier ?

V : Mais non c'est le scénariste, laisse-le répondre.

J : En fait, ce que voulaient faire les Humanoïdes associés, c'était les aventures du Méta-Baron, et moi je voulais faire l'Aventure du Méta-Baron, c'est à dire parler de l'univers qu'a fait Jodorowski, c'est à dire une portée imaginative gigantesque et monstrueuse, et parler du personnage le plus important de cet univers, qui vient d'une famille qui s'est autodétruite, pour fabriquer à chaque fois une génération de plus en plus ultime et invincible pour arriver à cet espèce d'être invincible et absolu, qui en fait n'est pas du tout satisfait, d'être ce qu'il est, donc ce qu'il va se passer pendant toute la série dans ces quatre histoires, c'est que le Méta-Baron va essayer de redevenir, ou de regagner une part de son humanité. C'est un peu plus long que trente secondes...

N : T'es sûr que tu répond à la question ?

J : Il me semble.

Oui oui c'est ce que je voulais.

J : Mais si tu as envie de parler pour moi ( rires ) ...

N : Non non, j'oserais jamais... Mais ta question c'était qu'est-ce que le Méta-Baron, ou qu'est-ce que ce Méta-Baron là ?

Ce Méta-Baron là plutôt.

N : Ah ouais effectivement alors t'étais bien dans la ligne Jerry. Je pensais que tu voulais dire ...

J : Tu veux pas écouter les questions ? 

N : ( rires ) Non mais je pensais, le Méta-Baron, en général...

Non parce là il faudrait plus de trente secondes

N : Bah, en dix secondes c'est fait.

Ah vas-y alors.

N : En dix secondes? Le Méta-Baron, c'est tuer son père, couper quelque chose, bataille de l'espace et femmes pulpeuses. Voilà.

Ok, et Valentin, avec ta vision " plus jeune " ?

V : Je vais essayer de faire mieux ( rires ). Non c'est le guerrier ultime, issu d'une tradition qui élève ses enfants depuis la nuit des temps pour être des donneurs de mort, et ce Méta-Baron décide que lui sa destinée ne sera pas celle ci. Mais c'est quand même le guerrier le plus puissant de l'univers, et il est craint.

Ok, et bien merci messieurs, et bonne dédicace !

(c) photo : Humanoids.com

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