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Rencontre avec les auteurs de La Valise : de l'animation à la bande dessinée

Franco-belge Le 16 mars
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par LiseF
Rencontre avec les auteurs de La Valise : de l'animation à la bande dessinée

En février dernier sortait La Valise, une bande dessinée chez Akiléos par Diane Ranville, Gabriel Amalric et Morgane Schmitt Giordano. Sur 9emeArt on vous avait proposé une critique de l’album à sa sortie mais on en avait aussi parlé en amont parce que l’album était particulièrement intriguant. 

Et pour cause : Gabriel Amalric et Morgane Schmitt Giordano ont tous deux travaillé dans l’animation, et il s’agit là de la première BD du trio. Quand des auteurs de BD ont fait de l’animation, ça se ressent toujours d’une certaine façon (souvenez-vous du Veilleur des Brumes). J’ai eu envie de leur poser quelques question à ce sujet et ça tombe bien, puisque les auteurs étaient en dédicace dernièrement à la Mystérieuse Librairie Nantaise ! J’ai donc sauté sur l’occasion et je vous propose aujourd’hui d’en apprendre un peu plus sur la conception de cette BD pas comme les autres.

Plongez dans l’univers de Cléophée

Au fait, de quoi ça parle La Valise ? Dans ce one shot, on suit l’histoire d’une ville fortifiée où règne un dictateur sans merci. La population doit se soumettre et ceux qui se laissent embrigader deviennent des ombres. Mais tout le monde n’accepte pas cette vie de soumission. Certains tentent de sortir mais pour ça, il faut passer le mur d’enceinte. Seule une personne peut les aider : la sorcière Cléophée. Elle possède une valise, qui permet de téléporter les humains. Mais la liberté a un prix : sept ans de vie, que Cléophée récupère en échange de leur passage. Ce fragile équilibre est rompu le jour où des habitants viennent la voir avec une étrange requête : à l’extérieur, des révolutionnaires cherchent à entrer dans la ville…

La Valise, c’est un projet de BD qui a longtemps mûri dans la tête de Diane, Morgane et Gabriel. En école, ils doivent produire un court-métrage animé. Le résultat final n’est pas très long mais se situe déjà dans l’univers de leur futur BD. En sortant d’école, ils ont envie d’aller plus loin dans ce concept et envoient un dossier à Akiléos. Comme l’explique Morgane, très vite le trio mesure l’ampleur de la tâche.

« Le court-métrage c’était un truc super court qu’on a du faire extrêmement vite, et en sortant d’école on est un peu restés sur notre faim. On avait envie de proposer quelque chose de plus abouti graphiquement. Finalement heureusement qu’on est partis sur un one shot de 90 pages ! Arrivé à la trentième page quand tu réalises qu’il en reste 60, tu souffles un peu ! »

Le trio s’organise : Gabriel s’occupe des dessins, de la colorisation des planches et des concept art en amont. Morgane est sur le design des personnages, le storyboard et le scénario. Diane quant à elle co-scénarise, écrit les dialogues et contribue aux concept arts. Un partage des tâches plus propre à l’animation qu’à la BD. 

La Valise : De l’animation à la bande dessinée

Le trio m’explique d’ailleurs qu’au delà du partage des tâches, leur façon de travailler est aussi beaucoup marquée par leurs études. Le simple fait qu’ils parlent de concept art au lieu de croquis est un signe, mais ce n’est pas tout. Gabriel raconte.

« Entre la méthode BD et la méthode animation, on a fait pas mal d’allers retours. Tout le travail autour de la propagande dans l’album par exemple, on l’a fait vachement en amont. Et pour la circulation de la lumière aussi on a fait un lightscript, qui est une technique qui vient de l’animation. »

Au départ, ils ne savent pas vraiment comment on crée une BD même si Morgane par exemple a travaillé sur des fanzines. Alors ils apprennent sur le tas, et travaillent étroitement avec leur éditeur Richard. Il leur propose régulièrement des retours sur leurs pages, tout en leur laissant une vraie liberté. Diane raconte en riant :

« Des fois il proposait un truc et il faisait « c’est vraiment mon point de vue » et on répondait « oui c’est ton point de vue, on va plutôt garder le nôtre ! ». »

Peu à peu La Valise prend forme, un travail qui leur a pris deux grosses années ! Dans l’album on sent une influence culturelle très riche, des références de qualité. Quand je leur pose la question, les oeuvres fusent à toute vitesse : Gabriel mentionne les jeux vidéo Bioshock, Dishonored, Bloodborn, Diane pense à Shakespeare et même Beaudelaire, Morgane cite Boardwalk Empire, et Mad Max pour le côté très symbolique. 

Et après La Valise ?

Ce qui me frappe avec ce trio, c’est son efficacité. Lorsque je pose une question, chacun a sa petite réponse qui mise à côté des autres forme un discours très cohérent. Cette symbiose, elle se ressent dans la BD : on voit que c’est un travail de groupe, mettant en avant les qualités de chacun. Du coup, je leur demande s’ils comptent continuer à travailler ensemble.

Morgane m’explique qu’une série est déjà signée avec Akiléos, qui se composera de deux ou quatre tomes et intégrera une quatrième personne au dessin. Ce projet, il s’appelle pour l'instant Millenials.

« Ce sera dans une ambiance Urban Fantasy, et ça se passera à Paris. On suivra les élèves d’une sorte de Poudlard parisien qui entreront dans la vie active en sortant de l’école. Ils se rendront compte qu’on ne leur propose que des boulots nuls et même pas magiques. »

Une ambiance imaginaire pour une thématique tristement réelle… De mon côté je croise les doigts pour avoir prochainement des nouvelles de Millenials : sachez que j’ai eu la chance de voir quelques concept arts et c’était particulièrement alléchant ! En attendant, La Valise est disponible au prix de 17 euros chez Akiléos.

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