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Salon du Livre de Paris 2014, l'interview d'Arthur de Pins (Zombillénium)

Franco-belge Le 04 avr
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par Elsa
Salon du Livre de Paris 2014, l'interview d'Arthur de Pins (Zombillénium)

D'un titre à l'autre, depuis le début de sa carrière d'auteur de bande dessinée, Arthur de Pins explore des univers, des tons, radicalement différents, mais toujours avec un humour qui fait mouche. Des strips coquins de Péchés Mignons à la trilogie La Marche du Crabe, sans oublier bien entendu le quotidien du parc d'attraction Zombillénium, bientôt adapté sur grand écran.

C'est pour parler de cette série qui plonge les zombies, momies, et autres vampires au coeur de la vie d'entreprise que nous avons rencontré Arthur de Pins, à l'occasion du Salon du livre. Il nous parle de ses méthodes de travail, de ses influences, et nous en dit plus sur le futur long-métrage.

Peux-tu nous raconter ton parcours ?

Je n'ai pas tout de suite fait de la bd. J'ai commencé dans l'animation. C'est ce que j'ai étudié aux Arts Déco. J'ai fait des courts-métrages et travaillé sur du character design pour des séries, et tout un tas de choses comme ça.

Ensuite j'ai fait de l'illustration, et je suis arrivé par ce biais-là dans la bd.

Mon but, depuis tout petit, est de raconter des histoires avec des dessins. Mais je ne savais pas trop dans quel domaine j'allais faire ça.

L'animation est un domaine génial, mais c'est vrai qu'il faut beaucoup de temps, beaucoup de gens, pour mener un projet à bien. Il faut parfois deux ans rien que pour avoir les financements pour un court-métrage de cinq minutes.

Et au bout d'un moment, j'avais quand même beaucoup d'histoires à raconter, je me suis dit que je n'aurais jamais le temps de le faire en faisant de l'animation. C'est comme ça que je me suis orienté vers la bd.

En plus, dans la bd, il y a juste un éditeur à convaincre, et c'est parti. Et il y a beaucoup moins de tabous, donc on peut faire à peu près ce qu'on veut. Je trouve qu'il y a beaucoup de libertés, c'est très chouette.

Comment raconterais-tu Zombillénium ?

Alors je vais d'abord raconter comment c'est né.

Quand j'étais ado, je dessinais beaucoup de monstres, des histoires avec des vampires, des squelettes. Et c'est un univers que j'ai complètement laissé tomber quand j'étais étudiant, parce que dans l'école où j'étais, les profs nous intéressaient plus à des thématiques sociales, du quotidien. D'ailleurs c'était très bien, ça m'a appris beaucoup de chose. Ça m'a sorti la tête de cet univers un peu geek. Mais j'avais toujours gardé une petite affection pour les monstres.

Et il se trouve qu'il y a cinq ans, le rédac chef de Spirou m'a demandé de faire une couverture pour le spécial Halloween. À ce moment-là, je ne faisais pas du tout de fantastique.

Mais comme il a vu que ça me plaisait, et que j'ai pris beaucoup de plaisir à faire cette couverture, il m'a carrément dit « Est-ce que ça ne te dirait pas de réutiliser tous les personnages que tu as dessiné, et d'en faire une série ? » C'est quand même ultra sympa, et une grosse preuve de confiance. Parce qu'il ne m'a pas seulement proposé une petite série de six planches, il m'a carrément proposé une série en albums. Et au scénario, aussi.

Donc je me suis dit « Allons-y. »

C'est né comme ça,. Et justement, Zombillénium mélange à la fois ce côté fantastique que j'aimais bien quand j'étais ado, et puis ce côté plus 'problématiques d'adultes'. Ça parle du boulot, de l'entreprise, il y a même des histoires de couple. Pour moi c'était hyper intéressant de mélanger les deux.

En fait, Zombillénium part d'une question : Si les monstres, les vampires, les zombies, les loups-garous, vivaient en 2014, qu'est ce qu'ils feraient ? Est-ce qu'ils paieraient leurs impôts, est-ce qu'ils travailleraient ? Parce qu'on ne peut plus les imaginer se balader, comme ça, dans la campagne. Le monde est ce qu'il est maintenant.

C'est parti de cette idée, et la question qui est venue après était : Dans quelle entreprise pourraient-ils travailler à visage découvert ? C'est là que j'ai pensé à un parc d'attraction, où les gens viennent les voir sans savoir que ce sont des monstres. Eux, ça leur permet 1) d'avoir une vie sociale et de pouvoir rencontrer leurs potes à la machine à café, et 2) de côtoyer des humains.

Après il y a d'autres problèmes qui naissent de ça : le système très injuste avec les employés, et puis aussi la confrontation avec les villageois d'à côté. Ça c'est un grand classique des films de monstres.

C'est vrai que je joue un peu avec les codes des films de monstres, même jusque dans le physique des personnages.

Comment se passe ton travail sur ce titre ?

Quand j'ai démarré le tome 1, je ne savais pas trop où j'allais. J'ai commencé à faire la scène où la momie fait du stop, puis Francis, le patron, et Sirius viennent la récupérer. J'avais juste dessiné les personnages, et tout a commencé à s'imbriquer très vite, donc j'ai pu écrire la fin de l'album.

Une fois le tome 1 terminé, j'ai carrément tout imaginé jusqu'à la fin.

Mais en tout cas, ça va être six tomes, et ça va être un truc qui se boucle, comme un cycle. Je connais la fin, j'ai déjà écrit le tome 4, et je sais ce qui se passera dans les tomes 5 et 6.

Il y aura peut-être autre chose après, qui ne s'appellera plus Zombillénium, où je vais réutiliser les personnages. J'aurai sûrement envie de les faire vivre davantage.

Tu parlais des films de monstres tout à l'heure. T'es-tu beaucoup documenté pour créer l'univers de Zombillénium ?

En fait non, justement. Je ne suis pas du tout un fan de films de genre, de films de zombies, de vampires. Il y en a que j'aime beaucoup comme Zombieland ou Morse. Mais parce que justement, ils vont un peu au-delà de tout le folklore qu'on est habitué à voir.

J'en connais qui aiment bien les vieux films de vampires par exemple, pour le côté kitch. Moi ça ne m'intéresse pas vraiment, c'est un peu toujours les mêmes histoires.

Ce qui m'intéressait par contre, c'était de réutiliser ce genre hyper codifié, et de le transposer dans un univers qui n'a rien à voir, l'univers du bureau. Voir des zombies, ça ne m'intéresse pas tant que ça, par contre des zombies qui discutent à la machine à café, ça, ça me fait marrer. Et puis créer une sorte de hiérarchie d'entreprise, dans laquelle les monstres sont un peu relégués chacun à une espèce de classe sociale.

J'ai trouvé que ça donnait du sens au truc. Et je pense que justement le fait de ne pas être fan de films de monstres est une bonne chose. Comme ça, je vais directement à l'essentiel, aux trucs qui me plaisent.

La révolution des crabes était d'abord un court-métrage, qui a ensuite été adapté en bd (La marche du crabe). Zombillénium va devenir un long métrage. Est-ce que, pour toi, ces deux médiums se complètent ?

Complètement. D'ailleurs j'ai beaucoup de collègues qui viennent de l'animation aussi, et qui sont passés à la bd pour les mêmes raisons que moi.

Déjà, nous, auteurs, ça nous permet de passer de l'un à l'autre quand on a une histoire à raconter. On n'arrive pas à la faire en bd pour des raisons X ou Y, on va la faire en dessin animé, ou inversement.

Ce sont quand même deux médiums très proches. C'est du dessin, il y a une chronologie, qui n'est évidemment pas tout à fait la même, mais je pense que toute bd peut être adaptée en dessin animé, et vice versa.

En ce qui concerne Les crabes, c'est parti d'un projet de court-métrage, qui est devenu un projet de film, qui est redevenu une bd.

Par contre, Zombillénium c'est d'abord une bd, qui est devenu un projet de long-métrage.

Ça se complète dans le sens où je vais pouvoir faire des choses que je n'ai pas pu faire dans la bd. Des petites mimiques par exemple.

Dans le tome 1, Aurélien est devant sa glace, il est super baraqué, frime, regarde ses muscles. J'ai un peu galéré, je n'ai pas tout à fait réussi à rendre le truc. C'est de l'acting, donc il faut multiplier la case en huit, et faire à chaque fois une pose différente. Mais je n'ai pas réussi, notamment à un moment donné, je voulais montrer qu'il voulait se mettre du déodorant, puis sent qu'il a une odeur de fauve, et décide de rester comme ça. Et ça personne ne l'a compris, parce que c'est impossible à faire en cases de bd. En film, je vais pouvoir le faire.

C'est pareil, Gretchen, j'ai envie qu'elle ait une voix, qu'elle ait des mimiques. En plus, elle est inspirée d'une copine, donc j'ai vraiment envie de pousser ça à fond. Parfois, cette amie roule des yeux, elle est là, ne sait pas quoi dire, et ça c'est impossible aussi à faire en bd. Ou alors faire plein de cases d'affilées et la faire rouler des yeux. Mais ça n'est pas un truc de 500 pages, on perd du temps.

C'est un des petits avantages du dessin animé. Et je pense que tous les collègues qui font des bd seraient ravis de pouvoir faire ça. C'est un peu une bouffée d'air frais, on peut enfin aller au bout du truc.

Il y a beaucoup de thématiques abordées dans Zombillénium, dont le monde du travail. Est-ce un thème que tu voulais traiter avant d'écrire l'histoire, ou cela s'est-il inclus au fur et à mesure ?

Je voulais parler du monde du travail dès le début. C'est un univers qui me fascine. Pas dans le sens j'en rêve la nuit, mais disons que j'ai grandi dans un milieu avec peu d'artistes, où la plupart des gens font des écoles de commerce, d'ingénieurs, et deviennent cadres dans des grandes entreprises. Tous mes amis du lycée, quand je les ai recroisés, étaient en costard-cravate, sortaient du boulot. Pareil pour mes frères. J'ai baigné dans cet univers-là.

Et quelques années plus tard, tous ces amis m'ont dit qu'ils déprimaient dans leur boulot, qu'ils en avaient marre, détestaient leur patron. Qu'ils avaient l'impression d'être un maillon de la chaine. C'est un univers qui me fascine presque autant que les monstres.

Et puis dans le monde de l'entreprise, le comportement des gens est un peu comparable à des vampires, des zombies, des choses comme ça. Du coup je trouve que ça avait vraiment du sens de faire une sorte de collision entre ces deux univers. Et ça se voit surtout dans le tome 3, avec l'arrivée du consultant.

Et puis j'ai aussi raconté pas mal d'histoires personnelles. Le personnage de Francis, c'est mon père. C'est marrant parce que je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite, ce sont mes frères qui m'ont dit « Mais il a exactement la même gueule ! » Et c'est vrai qu'au travers de ce personnage, je raconte une histoire qui lui est arrivé, et qui m'avait beaucoup marqué quand j'étais ado.

Il s'est fait licencier, pour la simple raison qu'il était trop gentil avec ses employés. En fait, son seul souci était que ses employés soient bien, travaillent dans de bonnes conditions. Et ça lui a été reproché.

J'ai trouvé ça super injuste, et c'est là que j'ai découvert que c'était un milieu d'enfoirés, de requins, de vampires. C'est ce que je raconte dans le tome 3.

Zombillénium traite donc du monde de l'entreprise, et on peut y voir pas mal de parallèles avec l'actualité. Est-ce que, justement, l'actualité t'inspire, ou te tiens-tu éloigné de  ce qui se passe dans la réalité ?

Je suis obligé de m'en inspirer. Là c'est la crise, tout ce qu'on voit aux infos...

Mais je dirais que ça m'inspire de loin. Je vois ce qui se passe, mais je prends quand même pas mal de distance, parce que je n'ai jamais vécu ça de l'intérieur

À la limite, je connais mieux l'univers des patrons. Donc j'essaie de parler de ce que je connais, sans aller dans l'hypocrisie.

Mais par contre j'ai beaucoup d'affection pour les zombies, qui sont les ouvriers de Zombillénium. Ce qui leur arrive est très injuste, donc j'ai envie que ça soit surtout eux qui récolent la sympathie du lecteur.

Il y a beaucoup de personnages forts dans la série. Est-ce que tu les travailles en amont de l'écriture du scénario, ou gagnent-ils en densité au fur et à mesure de l'histoire ?

C'est plutôt ça en fait. D'ailleurs je ne fais jamais de recherches de personnages. Depuis la couverture de Spirou, ils n'ont pas trop changé. À part Gretchen, a qui j'ai entre-temps donné les traits de cette amie. Je suis parti directement avec ces personnages, et je pense qu'inconsciemment, ils avaient une certaine épaisseur.

Francis, j'ai dû le faire ressembler à mon père parce que dans ma tête, c'était tout à fait ce genre de personnage. Un patron plutôt humain, un peu patron de gauche, proche de ses employés, qui veut avant tout sauver son parc. Tout s'est fabriqué. Je savais déjà comment il réagirait dans tel ou tel cas, comment il se comporterait, comment il parlerait aux autres.

Et pareil pour les autres.

Et puis à mes yeux, c'est l'histoire qui fait les personnages. Par exemple pour un projet de série télé ou autre, il y en a qui vont faire des pages et des pages entières pour dire ce que sont les personnages. Je pense qu'il faut faire l'histoire, pousser les personnages dans le grand bain, et c'est ça qui les fait grandir.

Jusqu'ici ça marche plutôt bien, les personnages sont bien rodés. Et puis maintenant que je connais la fin, je pense que ça va bien marcher.

Et quelle technique utilises-tu sur ce titre ?

La même que sur les autres. Je suis tombé amoureux d'un logiciel qui s'appelle Illustrator, au début des années 2000. J'ai vraiment eu le coup de foudre. C'est un logiciel qui était en vogue dans l'illustration à cette époque. Beaucoup d'illustrateurs, comme Monsieur Z, l'avaient popularisé.

Et j'ai eu envie d'essayer cet espèce de rendu un peu rétro, où il n'y avait pas de trait, juste de la couleur. Et ça ne m'a plus jamais lâché.

À la base, c'était plutôt un logiciel destiné à dessiner des pin-ups, des beaux personnages en couleurs. Et ce qui est marrant, c'est que je l'utilise finalement toujours pour des histoires de crabes ou de zombies.

Ça m'arrive de temps en temps de dessiner au crayon, mais Illustrator reste ma technique de prédilection. Tout ce que je fais en bd est fait avec ça.

J'adore le fait de ne pas avoir de trait. En bd, c'est un peu le règne du trait noir, qui contourne les personnages. Mais, je ne sais pas... Disons que ça me permet de bosser uniquement en terme de couleurs, et d'avoir des ambiances colorées, qui rendent le truc assez intéressant.

Quelles sont tes principales influences ?

Elles viennent plus du dessin animé et de l'illustration. Graphiquement, c'est surtout l'illustration. Mon grand Maître, au-delà de tout, c'est Kiraz. Pour moi, c'est un génie, il a tout pigé. Il a révolutionné les choses, a trouvé la synthèse entre illustration et peinture, tout en ayant un style propre.

Il y a d'autres illustrateurs, surtout des années 80-90, comme Monsieur Z, Jordi Labanda, qui justement ne font pas de contours autours de leurs personnages.

Et après en terme de narration... c'est un peu mélangé. Ça peut venir du cinéma, de la littérature...mais plus de ça que de la bd. Je n'ai jamais été un gros lecteur de bd. J'y suis retourné en 2006, quand j'ai commencé à être publié, avec Péchés Mignons. À la base je connaissais Gaston, Tintin et Lucky Luke, et c'est là que j'ai commencé à découvrir des trucs.

Tu parlais de tes couleurs, qu'est ce qui t'inspire pour elles ?

Je parlais de Kiraz, d'autres illustrateurs comme Voutch aussi. Comme ils ne font pas de contours autour de leurs personnages, il y a un rendu un peu photographique. Je parle uniquement des couleurs, pas du trait. Ils vont forcément devoir faire un contre-jour, une ambiance colorée.

Dans la bd, il y a une espèce de suprématie du trait noir, 99% des auteurs de bd travaillent au trait, qu'ils colorient ensuite. Alors évidemment il y a des dessinateurs que je trouve très bons, mais le truc, c'est que quand le trait est là, on n'est pas obligé d'être exactement réaliste.

Ça n'est pas très sympa envers les coloristes ce que je vais dire, mais dans certains cas c'est un peu du coloriage.

Ce qui est bien, quand on ne travaille qu'avec des couleurs, c'est que ça nous force à regarder des photos, des paysages, et à plisser les yeux pour voir comment se compose vraiment les trucs.

Par exemple, dans le tome 1 de Zombillénium, j'étais allé faire des repérages dans le nord, pour avoir des photos de paysages avec des pylônes, des villages, des routes désertes. Et en fait en regardant les photos, j'ai constaté que finalement, la seule chose qui est vraiment lumineuse quand on prend une photo comme ça, c'est le ciel. Tout le reste est sombre. Sauf évidemment quand il y a un rayon de soleil, mais dans Zombillénium il y a toujours des nuages.

Je voulais obtenir ce côté vraiment photo-réaliste au niveau des couleurs pour qu'il y ait une réelle immersion de la part du lecteur. Que limite quand on regarde une case de loin, on ait presque l'impression que c'est une photo. Et que par contre, quand on regarde de près, ce sont des aplats de couleurs, ça a un côté un peu plus cartoon. Je voulais obtenir ça.

Le fait de ne pas faire de traits est une contrainte qui rend plus créatif.

On l'a évoqué tout à l'heure, est-ce que tu peux déjà nous parler un peu du film ?

Oui je peux en parler. Parce que là c'est sur les rails.

La production voudrait démarrer au plus tôt au mois de juin, au plus tard en septembre. Ça sera produit par Maybe Movies, co-produit par Dupuis, distribué par GBK Films. C'est très important d'avoir un distributeur, et il se trouve qu'on en a un depuis cette année, c'est vraiment génial.

La production serait à priori faite entre un studio à Angoulême, et un studio en Belgique. Un peu comme c'était le cas pour le clip de Skip The Use, qui est en même temps un pilote du film.

On avait contacté Skip the Use pour leur proposer de faire la B.O. du film. Et comme ils sortaient un album, et que nous on devait faire un pilote, on s'est dit « Tiens, on va faire un pilote qui sera aussi un clip. » C'est cool parce que du coup ce pilote a aussi une vie à la télé, etc.

Et ça a permis d'amorcer la collaboration avec Skip the Use. Ils vont faire la B.O. du film, et puis ils sont adorables. Ils viennent du nord, il y a plein de ponts comme ça... Il est même question que Matt, le chanteur, fasse la voix de Sirius.

Donc ça démarre super bien, ça devrait vraiment démarrer d'ici quelques mois.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je ne me suis pas lancé dans un tome 4. Sinon j'aurais sans doute dû l'arrêter en plein milieu.

Là j'ai terminé le scénario du film, et ça n'a pas été très facile. Parce qu'évidemment ça part du tome 1, mais il ne fallait pas raconter exactement ce qui se passe dans la bd. Disons qu'au global, ça va reprendre l'histoire du tome 1, on va injecter, quand je dis on, c'est mon producteur et moi, parce qu'il travaille beaucoup dessus aussi, des petites scénettes des tomes 2 et 3.

Mais l'essentiel, ce n'est pas de s'adresser aux fans hardcore de la série, qui d'ailleurs ne sont pas forcément hyper nombreux, et vont représenter 1% des gens qui vont aller voir le film. C'est plus de faire découvrir l'univers à ceux qui ne le connaissent pas du tout.

Par exemple dans la bd, ça commence donc avec la momie qui fait du stop. Là dans le film, je vais faire une petite intro, un peu façon 'il était une fois', où j'explique le principe du parc, avec les âmes, etc.

On ne va pas du tout édulcorer le truc. Il y aura toujours le thème de la mort, de l'entreprise. Ça ne sera pas une version soft de la bd. Par contre, le souci, c'est de faire en sorte que tout le monde comprenne de quoi il s'agit, ne soit pas largué. C'est quand même un univers assez riche, il faut tout expliquer.

Et c'est prévu pour 2016, si tout va bien.

Et as-tu d'autres projets actuellement ?

Non, je préfère vraiment me concentrer là-dessus. De toute façon Les crabes c'est fini, après j'embrayerai avec le tome 4 de Zombillénium. Je vais bouffer du Zombillénium pendant les quelques années à venir.

J'ai d'autres projets, mais je ne sais pas trop quand je vais les faire... Ce sont des projets plus intimistes, notamment un projet de bd où je me remets à faire de l'aquarelle. Du crayon et de l'aquarelle, ça fait très longtemps que j'ai envie de faire ça. J'ai une histoire, qui serait un portrait d'une personne que je connais. Je ne sais pas trop quand je vais avoir le temps de le faire, mais le gros projet pour les années à venir, c'est le film.

Et quel est ton dernier coup de cœur bd ?

Ça ne va pas être très original, c'est Mauvais Genre. Je suppose que c'est le coup de cœur de beaucoup de gens.

Sinon, ça me revient parce que j'en ai parlé avec un copain l'autre jour, la série Cité 14. Ça ne date pas d'hier, mais je l'ai découverte un peu en cours de route, et je suis tombé complètement raide dingue de l'univers que Reutimann et Gabus ont créé. C'est à la fois complètement loufoque et cohérent, avec des personnages à têtes d'animaux, et à tête d'humains. Ça marche hyper bien. Avec les codes du polar, du film noir...

J'aime bien tomber sur un univers complètement original, que personne n'a fait avant.

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