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Japan Expo 2014 : l'interview d'Ippei Kuri (Judo Boy, Gatchaman...)

Manga Le 18 jul 2014
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par Alfro
Japan Expo 2014 : l'interview d'Ippei Kuri (Judo Boy, Gatchaman...)

En 1962, Ippei Kuri fondait avec ses frères le studio Tatsunoko Production. Ce pionner de l'animation japonaise donna une grande impulsion à cette industrie en expérimentant de nombreuses techniques qu'utilisèrent par la suite la plupart des studios d'animation japonais. Il était cette année l'invité d'honneur de la Japan Expo, l'occasion pour nous de lui poser plusieurs questions !

Quelle est la grosse différence entre vos débuts dans l'animation, et ce qui se fait dans les studios actuels ?

Je pense que la différence la plus importante, c'est l'entrée de l'informatique dans l'animation. A mon époque on dessinait tous avec un crayon. Aujourd'hui, la base reste bien sûr des gens qui dessinent au crayon, mais l'apport de l'informatique derrière est très important, ça a révolutionné une bonne partie du milieu.

Justement, est-ce que les techniques numériques sont un véritable avantage par rapport à l'analogique ?

En fait je ne suis pas contre l'ordinateur dans l'animation, puisque moi-même j'ai été confronté à ça, avec la toute première production de Tatsunoko par ordinateur, qui s'appelle Karas. A l'époque ça n'était pas aussi développé qu'aujourd'hui. Mais mon rêve ça serait qu'on se demande si ça a été fait à la main ou à l'ordinateur, que l'on ne puisse plus voir la différence. Ça viendra sûrement. Mais l'ordinateur a apporté énormément au milieu de l'animation, ça c'est sûr.

Quelles ont été vos influences au début de votre carrière ? Les studios Disney notamment vous ont-ils influencé ?

Oui, nous étions influencé par Disney, c'était la seule chose que nous avions à regarder à l'époque. Mais nous savions qu'il nous était impossible de dessiner autant de dessins, avec autant de mouvements. Nous n'avions pas les moyens financiers, pour qui que ce soit au Japon, à part Toei peut-être.

Donc ils nous influençaient mais on ne pouvait pas reproduire ça. Quand on a commencé à travailler sur nos séries à nous, on a fait selon notre vision des choses, on se lançait.

Et est-ce que l'économie de moyens, et le fait de travailler avec les celluloids à forgé l'identité de l'animation japonaise ?

Évidemment, jusqu'à l'arrivée de l'ordinateur, le celluloid était l'image de l'animation japonaise. D'ailleurs quand le celluloid s'est arrêté, certains studios ont fait des tirages exprès, pour pouvoir répondre à la demande de certains fans qui ne juraient que par ça. Si l'animation japonaise a pu avoir autant de succès à l'étranger, c'est peut-être aussi lié à tout ça. 

Il y a même des collectionneurs de celluloids  aujourd'hui.

Quel regard portez-vous sur l'animation en image de synthèse comme le travail de Shinji Aramaki ?

Je n'ai pas d'a priori contre les séries en images de synthèse.. L'animation ça n'est pas forcément que du cello, que de l'ordinateur, il y a toutes sortes d'animations. l'important pour moi c'est que quand une personne s'engage sur une technique, parce qu'il veut travailler sur un film en images de synthèse par exemple, c'est qu'il fasse quelque chose de bien. Ce qui me pose problème c'est quand le résultat est moyen. Mais l'ordinateur a apporté tellement de choses, il y avait des choses faisables à la main mais qui prenaient énormément de temps, qui réclamaient des animateurs vraiment très talentueux...

Là chaque personne décide de faire des productions dans un genre qu'il apprécie, et l'important est qu'il le fasse bien.

Est-ce plus difficile de faire un anime original que l'animation d'un manga ?

En terme de processus de création, la différence n'est pas énorme. Le problème par contre c'est de pouvoir faire cet animé. La plupart des gens qui financent tout ça, les télés etc., vont être réticents face à un projet original. Alors qu'en adaptant un manga connu, le personnage est déjà créé, le nom est fait, il y a moins de risques.

Ça n'est pas que les studios ne veulent plus créer d'originaux, c'est que les gens ne veulent plus les diffuser, donc ils s'adaptent. Le producteur qui met l'argent, devant une adaptation, se dit : "Là on a déjà 200.000 fans."

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