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Tardi en froid avec la Mission du Centenaire de la Grande Guerre

Franco-belge Le 30 jan
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par John Kay
Tardi en froid avec la Mission du Centenaire de la Grande Guerre

L'histoire remonte à 2012. Dans le cadre des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale, l'auteur Jacques Tardi est approché par la Mission du Centenaire mise en place par le gouvernement et réalise le dessin d'un poilu, en préparation de l'évènement. Fructueuse, la collaboration se mue en projet plus ambitieux, avec la réalisation d'une fresque de 130 mètres de long, prévue pour le parvis de la Bibliothèque nationale de France.

Un an plus tard, en 2013, l'auteur de C'était la guerre des tranchées est fait chevalier de la Légion d'honneur, ce que Tardi refuse en plus d'être furieux. Sentant poindre toute récupération politique, il en profite pour stopper sa collaboration avec la Mission du Centenaire. La fresque ne verra jamais le jour. Dans le quotidien Le Monde, daté du 30 janvierJacques Tardi explique :

“Je voulais garder ma liberté et ne pas me mettre dans une situation d’acceptation. J’entendais déjà se prononcer des discours officiels bon teint qui allaient sublimer le magnifique sacrifice des soldats alors qu’on les a pris pour du bétail à l’époque. Je ne me voyais pas participer à cette mascarade. Le baratin officiel n’a rien à voir avec la réalité d’un conflit auquel se sont rendus des gars vêtus de pantalons rouges. C’est criminel de faire ça !”

Côté Mission du Centenaire, son directeur Joseph Zimet se justifie tout en envoyant un petit missile à l'auteur :

“ Je voulais faire de lui une figure de proue culturelle de la Mission, dans une idée de transgression. Pour moi, il a d’abord reculé devant l’obstacle que représentait cette fresque qui lui aurait demandé un an de travail. [Mais] il est certain que notre vocation n’est pas de faire l’éloge de la désobéissance et des mutineries.”

Récupération politique d'un côté, jet d'éponge de l'autre face à la masse de boulot. Sur le fond, en tout cas, pas sûr que Jacques Tardi se montre beaucoup lors des commémorations des cent ans de la Grande Guerre. À commencer par sa propre exposition durant le 41e festival international de la bande dessinée d'Angoulême, où l'auteur a choisi de ne pas se rendre pour éviter de croiser ministres et autres personnalités politiques.

Illustration © Casterman, Tardi.

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