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La fermeture des librairies, un symptôme de l'échec de la gestion de crise ?

Général Le 02 nov 2020
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par LiseF
La fermeture des librairies, un symptôme de l'échec de la gestion de crise ?

L'image d'illustration a été réalisée par Adrian Tomine pour le New Yorker

Mercredi dernier le Président de la République a annoncé la mise en place d'un nouveau confinement pour faire face à la pandémie. Plus souple que le précédent déclaré en mars, ce confinement prévoit de garder les écoles ouvertes. Mais quid des commerces ? Selon le gouvernement, seule la vente de produits de première nécessité sera autorisée. Une décision qui a donné lieu à des situations plutôt absurdes...

Les Fnac face aux libraires indépendants

Dans un premier temps, les Fnac ont annoncé maintenir leurs magasins ouverts avec de nouvelles règles sanitaires. Un sale coup pour les libraires indépendants, qui eux n'ont plus le droit d'ouvrir leurs portes et souffrent déjà au quotidien de la concurrence de tels géants. Ni une ni deux, le gouvernement a donc décidé de fermer tout simplement les rayons livres des grands magasins. Une mesure qui a également déplu à de nombreux professionnels du livre.
 

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Plusieurs auteurs de BD notamment ont appelé à la ré-ouverture des librairies indépendantes, comme Riad Sattouf par exemple qui n'a pas hésité à interpeller directement les membres du gouvernement. Florence Cestac, Régis Loisel, Catherine Meurisse et Jul, les parrains de l'opération BD 2020 du ministère de la culture, ont démissionné de leur poste en dénonçant "l'incohérence et les contradictions des choix politiques à l'égard de la culture". Mais cette opinion est loin de faire l'hunanimité sur les réseaux sociaux, où certains libraires refusent d'aller "au charbon", risquer d'être contaminés au nom de la culture.

La tribune de Cyril Pedrosa

Mais si tous ces débats étaient finalement symptômatiques d'une gestion de crise déplorable ? C'est la réflexion que livre Cyril Pedrosa sur Mediapart. Auteur de BD engagé, il avait déjà expliqué sur le même site pourquoi, par militantisme, il avait annulé sa participation à un programme de résidence en partenariat avec le ministère de la culture. Ici, il revient sur le débat sur la fermeture des librairies en faisant remarquer que tout ceci est représentatif de la gestion de crise catastrophique du gouvernement. 

"Faute de préparation, des décisions contradictoires sont prises dans l’urgence et créent des situations absurdes. Il est absurde d’arriver à une situation où les livres vont être interdit à la vente dans les grandes surfaces autorisées à continuer leur activité. Cela n’a aucun sens, et chacun le sait et le sent."

Pour autant, l'auteur ne se prononce pas pour la ré-ouverture des librairies indépendantes, et appelle plutôt à une réflexion sur notre société qui est en train de perdre la tête. Dans sa bibliographie en général et dans L'Âge d'Or en particulier (dont le second tome sort cette semaine), l'auteur questionne souvent les constructions sociales et les systèmes oppressifs. Le débat sort du secteur du livre pour aller vers une autre vision du monde, plus humaine et tournée vers notre survie.

"au nom de l’urgence, au nom de « la crise imprévisible », chacun est sommé de taire ses désaccords, de sauver à tout prix un écosystème économique et social , dans une grande fuite en avant désespérée, pourtant à la source d'autres drames à venir"

Pour découvrir la tribune entière rendez-vous sur Mediapart. Et même si les librairies indépendantes ne peuvent pas ouvrir leur portes, sachez que nombre d'entre elles proposent des commandes par internet avec retrait sécurisé en magasin. Bubble propose ce service avec une carte des libraires en France.

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