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Twitter est-il toxique pour les auteurs de BD ?

Général Le 07 nov
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par LiseF
Twitter est-il toxique pour les auteurs de BD ?

On en parlait en septembre, le réalisateur du film Death Note, Adam Wingard, coupait son compte twitter après avoir été la cible d'une vague d'insultes sur le réseau social. Mais ce genre de chose est aussi très courant dans le monde de la bande dessinée : Bryan Lee O'Malley, l'auteur notamment de Scott Pilgrim mais aussi de Seconds et de Snot Girl, a annoncé hier qu'il quittait twitter, dans un tweet aux accents désabusés.

"Hey l'internet entier est toxique, je vais quitter twitter un moment, jusqu'à ce que je me sente mieux."

Le compte n'a pas été coupé, on peut donc espérer que l'auteur de comics reviendra prochainement sur sa décision : en effet, ce scénariste et dessinateur talentueux mais peu présent en France, n'hésite pas à teaser ses projets sur twitter. Un vrai plaisir pour ses fans (dont moi) ! Cela dit, il reste toujours ses autres réseaux sociaux.

Mais la question se pose : twitter est-il devenu un endroit toxique pour les auteurs de bandes dessinées, que ce soit du côté comics, franco-belge ou manga ? Et si oui, pourquoi ? En octobre je rencontrais Sean Murphy à l'occasion du festival Quai des Bulles. Au cours de l'interview, il m'annoncait notamment son envie de monter un projet en crowdfunding en France. Mais j'en avais aussi profité pour le questionner sur son comportement sur twitter, parce qu'il a tendance à polémiquer et se prendre le chou avec ses lecteur. Ce à quoi il répondait :

"Je refuse de bloquer qui que ce soit sur twitter. J'essaie de répondre poliment à tout le monde, même à ceux qui s'adressent à moi de façon un peu agressive. Pas seulement parce que je veux vendre mes livres, mais aussi parce que ça me semble légitime."

De fait, Sean Murphy fait parfois face à des commentaires vraiment haineux. Pourtant, twitter c'est aussi de belles initiatives. En octobre se déroulait l'Inktober, un challenge pour les artistes très suivi sur les réseaux sociaux, qui permettait de découvrir de nouveaux talents. Et en septembre, le hashtag #DrawingWhileBlack permettait de donner la parole aux artistes noirs, tristement peu représentés dans ce secteur.

La leçon à retenir de tout ça, c'est peut-être qu'en tant que lecteur, ne pas apprécier une oeuvre ne nous autorise pas à déverser notre sel en pleine face des auteurs concernés. Parce que ces messages, ils les reçoivent pour beaucoup directement, sans filtre. L'outil peut permettre d'engager le dialogue, et c'est une bonne chose. Mais quand les insultes fusent, ça peut aboutir à des situations où nos auteurs préférés quittent twitter.

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