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Angoulême : un stand japonais fermé pour négationnisme

Manga Le 01 fev 2014
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par John Kay
Angoulême : un stand japonais fermé pour négationnisme

L'exposition sud-coréenne Fleurs qui ne se fanent pas, sur les femmes de réconfort, ces esclaves sexuelles japonaises, chinoises, philippines et surtout coréennes, utilisées par l'armée impériale japonaise durant la Seconde Guerre mondiale, ne plaît pas à tout le monde. Le sujet, éminemment sensible en Asie, est régulièrement au cœur de tensions entre le Japon et ses voisins, puisque le nombre et le rôle de ces esclaves, estimé à 200 000 par les historiens, sont minorés par une partie de l'opinion nationaliste japonaise, quand ils ne sont pas carrément niés par les négationnistes.

Plusieurs d'entre eux – parmi lesquels l'Américain Tony Marano – avaient prévu de contrer l'exposition présentée au festival, grâce au stand Next Door Publishers, dans l'espace Little Asia, affirmant que “les femmes de réconfort militaire n'existaient pas”, tout en accusant le Festival de promouvoir la “propagande” sud-coréenne. Une initiative que n'a pas franchement goûtée l'organisation, confisquant leur matériel après un constat d'huissier. S'il est difficile de connaître la nature des visuels polémiques – le stand a été fermé mercredi, veille de l'ouverture officielle du festival –, plusieurs photographies circulent sur les réseaux sociaux, dans lesquelles les drapeaux français, texan et japonais côtoient celui de l'armée impériale japonaise. Une retouche dissimule une partie de l'une des planches, celle où se trouve une croix gammée, bien visible sur une autre photo (voir notre galerie).

Bien au-delà du Festival, cette polémique montre combien les tensions sont vives entre la Corée du Sud et le Japon, la première reprochant au second de ne pas assumer son passé militariste. Il y a quelques jours, le patron de la NHK déclarait que la prostitution forcée était courante et fréquente en temps de guerre, propos qui avaient ravivé les tensions entre les deux pays. Fin 2013, le premier ministre japonais Shinzo Abe avait provoqué l'ire des Sud-coréens, en se rendant au sanctuaire Yasukuni de Tokyo, où sont honorés des criminels de guerre, en plus des 2,5 millions de japonais morts pour leur pays.

Photos © Tony Marano.

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