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La planche d'Astro Boy par Osamu Tezuka vendue à 200 000 euros était-elle authentique ?

Manga Le 29 mai
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par LiseF
La planche d'Astro Boy par Osamu Tezuka vendue à 200 000 euros était-elle authentique ?

Au début du mois de mai, une vente inédite était réalisée au sein de la maison d'enchères Artcurial à Paris. En effet, une planche d'Astro Boy par Osamu Tezuka avait été vendue au prix de 200 000 euros. Il s'agissait là du prix de vente le plus haut au monde pour une planche de l'auteur, celle-ci étant au départ estimée à entre 40.000 et 60.000 €.

La planche non authentifiée par la Fondation Tezuka

Tout aurait pu s'arrêter là mais Stéphane Beaujean, directeur artistique du festival d'Angoulême, a fait une remarque : la planche n'aurait pas été authentifiée par la fondation Tezuka Productions. Il explique avoir fait plusieurs fois la demande auprès de l'organisme, se heurtant toujours à la même réponse :

"Osamu Tezuka n'a absolument jamais vendu et très très peu donné de planches. La plupart des planches vendues aux enchères de Tezuka sont des planches non rendues par des assistants ou des éditeurs. Nous voyons également passer des faux que nous avons encore en stock, des planches refaites par les assistants pour s'entrainer ou même des planches officielles mais réalisées entièrement par le studio. Pour toute ces raisons, nous refusons d'authentifier les planches qui passent sur le marché."

La réponse d'Artcurial

Suite à la lecture de ce post, nous avons contacté la maison d'enchères Artcurial pour en savoir plus. Selon l'expert Éric Leroy, la question ne se pose même pas : ce n'est pas parce que la fondation n'a pas voulu authentifier la planche que celle-ci est fausse.

"La fondation Tezuka ne délivre pas de certificat, c’est leur droit et ce n'est pas la seule fondation au monde à fonctionner comme ça. La planche a été examinée par plusieurs experts qui ont certifié qu'elle était authentique, on connaît notre métier."

Éric Leroy ajoute que la fondation a même demandé une image de la planche pour ses archives. Il assure que tout s'est passé dans les règles pour cette vente :

"La pièce n'est pas volée, elle n'est pas fausse. Ce n'est pas un truc qui a été dessiné hier, c’est tout ce qu’on peut dire."

Un nouveau marché ?

Au-delà de la polémique suscitée par cette vente, la question se pose de l'ouverture d'un marché. Les planches originales japonaises ont-elles de l'avenir dans les maisons d'enchères françaises ? Pour Stéphane Beaujean, la vente spectaculaire du début du mois n'est pas forcément la première d'une longue série.

"Pour qu'un marché japonais s'ouvre un jour, il faut d'abord un changement de la fiscalité japonaise qui permette aux auteurs de vendre sans se retrouver devant des sommes d'impôts colossales. Et des professionnels occidentaux qui inspirent la confiance. On en est loin pour le moment."

Éric Leroy quant à lui explique que la vente de planches originales est un marché qui existe depuis longtemps en Europe et beaucoup moins au Japon.

"Je suis totalement ouvert à la BD japonaise chez Artcurial, mais le problème c'est que la marchandise est rare."

Doit-on s'attendre à d'autres ventes records du même type ? Pas tout de suite en tout cas !

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